Encombré de fleurs fanées, branches et feuilles mortes, votre jardin a perdu de sa superbe. Mais ce n'est pas le moment de s'en détourner, bien au contraire : il a besoin de vous pour le préparer à affronter l'hiver et le mettre en condition pour repartir de plus belle aux premiers beaux jours. Guide des travaux d'automne.

Opération nettoyage !
L'automne est désormais bien avancé, il est temps de dégainer vos râteaux, sécateurs, élagueuses pour faire place nette ! En effet, sous l'effet des averses et coups de vent répétés les feuilles mortes, glands, baies et fruits se répandent partout. Or, il est très important de les ramasser, pour éviter le développement de maladies cryptogamiques ou fongiques (causées par un champignon parasite) dans votre jardin.
En novembre les plantes entrent dans une phase de repos végétatif, avant les frimas de l'hiver. C'est le moment d'effectuer une taille légère des haies champêtres, arbustes et rosiers… L'objectif est de couper les bois morts, les branches gênantes ou disgracieuses, d'éliminer les fleurs fanées et les baies restées accrochés, ce qui évite aux plantes de dépenser de l'énergie inutilement et contribue à leur bonne oxygénation.

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Bichonner son gazon
Pour profiter d'un joli carré vert au printemps, tout se joue à l'automne. C'est le moment de procéder à la dernière tonte de l'année. Si votre pelouse est terne, clairsemée, envahie par la mousse et les mauvaises herbes, une bonne scarification s'impose. Le scarificateur est un outil manuel ou électrique, qui permet de "griffer" le sol en surface, afin de la débarrasser du "feutre", cette couche compacte de mousse, brins morts, racines … qui se forme au fur et à mesure des tontes et des piétinements. Ainsi, votre pelouse respirera à nouveau et pourra repartir de plus belle. L'automne est aussi la période idéale dans notre région pour engazonner. La terre étant encore suffisamment chaude et l'humidité présente, toutes les conditions sont réunies pour une pousse dense et vigoureuse.
Aérer et nourrir les sols
Une autre routine indispensable à l'automne pour avoir un beau jardin consiste à aérer le sol. La période idéale est de mi-octobre à fin novembre, quand la terre est humide et facile à travailler, mais avant les grands froids. L'aération favorise la bonne circulation de l'air et facilite l'infiltration de l'eau, de l'oxygène et des nutriments dans le sol, ce qui renforce les racines. L'idéal est d'agir après une bonne pluie, lorsque la terre est bien meuble. Pour cela, plusieurs méthodes : un rouleau aérateur, ou des semelles d'aération, à enfiler sous vos chaussures avant de piétiner le sol. L'opération terminée, pensez à amender vos substrats pour favoriser leur fertilité. En jardinier responsable, on oublie les engrais chimiques. Une couche de compost ou de feuilles mortes fait très bien l'affaire : c'est bon pour le porte-monnaie et excellent pour la santé de vos plantes. En effet, les amendements naturels permettent le développement d'insectes, coléoptères, vers, lombrics…, qui rendent votre sol vivant et en bonne santé.
C'est le moment de planter !
Vous connaissez le dicton, « A la Sainte Catherine, tout bois prend racine ». De fait, l'automne est la meilleure période pour planter rosiers, arbres et arbustes. La terre, bien meuble et hydratée par le retour des pluies, facilite le bon enracinement des plants avant les premières gelées hivernales. Planter d'accord, mais quoi ?

Privilégier les essences locales
Direction la pépinière mais le choix est si vaste, il y a de quoi laisser perplexe. Et si vous vous laissiez inspirer par les beaux paysages du Lauragais ? Avec le réchauffement climatique, il est plus que jamais nécessaire de revenir à des essences endémiques du midi toulousain, par nature bien adaptées au climat local et à la nature des sols. Il n'est qu'à observer autour de vous les végétaux qui poussent spontanément le long des routes, des fossés et à la lisière des bois. Au jardin, ils n'offrent que des avantages : résistants au vent, à la sécheresse comme aux gelées, ils demandent peu d'eau et d'entretien. Exemplaires de sobriété, pour reprendre un mot à la mode, ils n'en offrent pas moins une palette variée de formes et de couleurs.
Arbres et arbustes de nos régions
Parmi les arbres locaux les plus connus et répandus, citons le chêne vert, le merisier, le tilleul des bois, l'érable, le frêne élevé, l'aulne glutineux, le peuplier. Plus original, connaissez-vous l'alisier torminal (Alisier des bois) ? Fréquent dans les forêts de la région, il est bien connu des ébénistes de Revel pour la qualité de son bois. Il se pare à l'automne d'un magnifique feuillage rouge flamboyant.
Du côté des arbustes, le choix est tout aussi vaste, outre les prunelliers et les lilas, présents dans nombre de haies, nos lisières de bois et de fossés regorgent d'essences variées au potentiel décoratif avéré. Au printemps, les sureaux, les alisiers et prunelliers se couvrent de fleurs blanches. À l'automne, les feuilles d'alisier, de fusain, de cornouiller sanguin apportent une note rouge, l'érable champêtre et l'érable plane virent au jaune or. En hiver, la plupart se couvrent de chatons ou de fruits décoratifs. Mixées dans une haie champêtre, ces essences locales constituent un intéressant réservoir de biodiversité animale, de nombreux insectes, papillons et oiseaux y trouvant refuge et nourriture.
Le saviez-vous ?
En terre lauragaise, beaucoup de patronymes, villages ou lieux-dits sont dérivés d'un nom d'arbre en occitan : Saussens, Sauzet viennent du saule ; Amouriès, Mouries viennent du mûrier ; Frayssinet, ou Fraisse dérivent du frêne ; les Casses, la Cassagne du chêne et Lavergne, le Vernet ou Vergne de l'aulne.
Massifs printaniers
Il est aussi temps d'implanter vos massifs de fleurs : pensées, primevères, myosotis, violettes et cyclamens, et toutes les fleurs en bulbe qui vous enchanteront au printemps de leurs tapis coloré, comme les narcisses, les jacinthes, les tulipes et les iris… Bon à savoir : les bulbes se plantent à une profondeur égale à 2 fois et demi leur hauteur.

Il ne faut surtout pas les brûler. Il est préférable de broyer les résidus qui deviendront ainsi une matière à utiliser
en paillage ou au compost. Crédit photo : Freepik©@ArtPhoto_studio
Enclencher le mode hors-gel
À l'approche de l'hiver, il faut protéger ses plantes fragiles des gelées, en paillant le substrat. Choisissez de préférence un paillis végétal, moins décoratif mais plus isolant que le paillis minéral. Il en existe de nombreuses sortes dans le commerce : écorces, paillis de lin ou de chanvre, par exemple. Des feuilles mortes ramassées dans votre jardin ou une couche de compost maison font aussi bien l'affaire. Prévoyez un matelas de l'ordre d'environ 5 cm pour empêcher la terre et les racines de geler. Toutefois, veillez à ne pas recouvrir le pied de la plante pour le laisser respirer, en laissant un espace de 2 à 3 cm autour de la base.
Les plantes gélives comme les plantes méditerranéennes (jeunes oliviers, orangers, citronniers…) et exotiques, ou certaines espèces particulièrement fragiles comme le rosier tige, réclament un traitement préventif renforcé. Il convient d'entourer leur tronc d'une protection végétale (type toile de jute, roseau, brande de bruyère, paille de riz…) et de recouvrir leurs branches d'un voile d'hivernage.
On le voit, l'automne au jardin n'est pas de tout repos ! Raison de plus pour vous faire épauler par un jardinier professionnel pour les travaux d'entretien. Il pourra aussi écouter vos envies de réaménagement extérieur et vous conseiller sur les essences à privilégier, en tenant compte de la configuration de votre jardin, de l'exposition et de la nature de votre sol.

